Des silhouettes blanches sur fond noir, d’hommes aux postures torturées et dont la matière se construit en lignes arachnéennes, accroupis ou tordus, déformés sans que nécessairement ils suggèrent la souffrance, même si certains évoquent une douleur dont on ne saurait dire si elle est ce qui les construit ou si elle ordonne leur déformation, les amenant vers l’oblation.
Des masques rituels en bois, dont l’apparente plénitude cache en fait un treillage de découpes d’une finesse si grande qu’elle en échappe au regard trop pressé. Tantôt d’inspiration médiévale, tantôt d’inspiration orientale, ou encore résolument africains, ils nous regardent avec des expressions à la fixité trompeuse et porteuses d’émotions brutes. L’un s’esclaffe, l’autre menace, un troisième encore montre un sourire cruel.
De petits éléments de céramique à la blancheur laiteuse, assemblés avec une minutie un peu névrotique, d’où naissent des formes organiques empruntant tant à l’animal qu’au végétal. Ici un nautile, là une culture fongique en plein essor, là-bas des pédoncules indéterminés ou une fleur se séparant de ses étamines.
C’est cela le travail d’Audrey Devaud.
En tout cas une partie de son travail. Dans la contemplation de ces différentes œuvres on ne peut qu’être saisi à la fois, et quelle que soit la matière choisie par l’artiste, par la méticulosité du trait, de la découpe ou du façonnage et par l’ampleur du projet qui fait émerger de l’assemblage d’éléments se dérobant à la vue dans leur unicité, des êtres qui semblent vivants.
Il y a là au-delà du travail une tentation démiurgique qui s’efforce de reconstituer dans l’art le vivant, presque cellule par cellule.
Julien Soulet

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Audrey Devaud

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